Cellules épithéliales tubulaires rénales (RTEC) : une nouvelle étude démontre leur utilité dans la détection précoce de l'insuffisance rénale aiguë
14-07-2025
Dans une précédente newsletter (2023), nous avions déjà évoqué les « cellules épithéliales tubulaires rénales » ou RTEC (Figure 1). Il s'agit de cellules provenant des voies urinaires supérieures, qui peuvent être présentes en nombre élevé en cas de lésions tubulaires (par exemple en cas de pyélonéphrite). Elles se distinguent des cellules épithéliales squameuses, qui indiquent une desquamation des cellules cutanées et sont plutôt le signe d'un prélèvement inadéquat (contamination cutanée).

Figure 1 : cellules épithéliales tubulaires rénales sous le microscope
Dans le laboratoire, l'appareil qui analyse les urines est capable de différencier et de compter ces différentes cellules épithéliales. Ces informations peuvent ensuite être utilisées comme aide au diagnostic.
Utilité en cas de détection d'une infection urinaire haute
En cas d'infection urinaire, différentes anomalies peuvent être observées dans l'urine, telles qu'une positivité à l'esterase leucocytaire sur bandelette, une pyurie (augmentation du nombre de globules blancs dans l'urine) et une bactériurie. Aucun de ces signes n'est toutefois révélateur d'une infection urinaire basse ou haute. Une présence accrue de RTEC peut indiquer de manière assez spécifique une lésion tubulaire, suggérant une infection urinaire haute. Avec une valeur seuil de 3,1 cellules/µL, la sensibilité et la spécificité sont respectivement de 93,5 % et 82,2 %. Ces chiffres sont nettement meilleurs que ceux de l'α1-microglobuline, de la pyurie et des cylindres pathologiques.
Utilité en cas de détection d'une insuffisance rénale aiguë
Une étude récente à laquelle a collaboré notre collègue, le professeur Joris Delanghe (Oyaert M., Delanghe J. et al. Renal tubular epithelial cells as an easily accessible biomarker for diagnosing AKI post cardiac surgery. Intensive Care Med. 2025 May 5. doi: 10.1007/s00134-025-07909-x), démontre désormais une utilité supplémentaire du dépistage des RTEC dans l'urine.
Dans cette étude, une augmentation du RTEC a été observée chez certains patients en l'absence de marqueurs indiquant uneinfection urinaire. Il a également été constaté que cela était prédictif de l'apparition d'une insuffisance rénale aiguë. L'augmentation du RTEC pouvait précéder l'augmentation de la créatinine (qui peut souvent prendre jusqu'à 24 heures).
Sur la base de cette étude, nous avons adapté l'algorithme d'interprétation, en personnalisant le commentaire fourni en cas d'augmentation du RTEC, selon la présence ou non de pyurie/bactériurie (Figure 2).

Figure 2 : interprétation de l'algorithme RTEC
Pratique
Le test RTEC est automatiquement effectué lors d'une demande d'analyse de sédiment urinaire, sans frais supplémentaires pour le patient. L'interprétation est également effectuée par un algorithme automatique et est également gratuite.
Il convient de noter qu'un RTEC élevé sans pyurie/bactérie n'est pas probant pour une insuffisance rénale aiguë (aucun test n'a une sensibilité et une spécificité de 100 %), mais qu'il peut être un indice pouvant conduire à une vigilance clinique accrue et/ou à un suivi.
Équipe Labo Maenhout-Medilab
